Synthèse hebdomadaire

République démocratique du Congo : une semaine marquée par des défis diplomatiques, sanitaires et économiques

Congo· Semaine du 31/08/2026 au 07/09/2026

La République démocratique du Congo a annoncé le transfert de son ambassade d'Israël de Tel-Aviv à Jérusalem, tandis que le pays continue de faire face à une double crise sanitaire avec l'Ebola et des problèmes nutritionnels. Les défis économiques, notamment la pénurie de carburant et les exportations de minerais, restent également préoccupants.

Diplomatie

Cette semaine, la République démocratique du Congo a annoncé le transfert de son ambassade d’Israël de Tel‑Aviv à Jérusalem, une décision prise à la suite de la visite du président Félix Tshisekedi et qui place le pays parmi un petit groupe de nations ayant adopté cette mesure symbolique. Le même président a évoqué le conflit avec le Rwanda lors de son séjour à Jérusalem, tandis que la possibilité d’ouvrir une ambassade israélienne à Kinshasa reste à l’étude. Parallèlement, la mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (Monusco) a mené une tournée au Burundi, à l’Ouganda et au Rwanda afin de soutenir le mécanisme de vérification du cessez‑le‑feu entre Kinshasa et l’AFC/M23, après une première opération à Minembwe dans la province du Sud‑Kivu, même si les affrontements

Santé

Cette semaine, la République démocratique du Congo a continué de faire face à une double crise sanitaire. Les autorités ont indiqué que huit zones situées hors des provinces touchées par l’Ebola sont désormais en situation d’urgence nutritionnelle, aggravée par les conflits et les déplacements de population. Parmi les professionnels de santé, au moins 45 ont perdu la vie et 158 ont été contaminés, soit près d’un tiers des décès parmi les infectés. La reprise des cours dans l’est du pays, notamment à Beni et en Ituri, a suscité l’inquiétude des parents alors que le nombre de cas confirmés dépasse les 6 000. Dans le même temps, une coalition internationale a alloué 16,5 millions de dollars à un groupe égyptien pour développer un candidat‑vaccin ciblant le virus Bundibugyo, avec un essai clinique prévu en Afrique.

Économie

Cette semaine, la capitale congolaise Brazzaville a été frappée par une pénurie de carburant importante, attribuée à une panne de la raffinerie nationale et aux prix élevés des importations. En parallèle, la République démocratique du Congo a adopté une loi sur les marchés boursiers, promulguée le 20 août et publiée le 2 septembre, ouvrant la voie à une future bourse à Kinshasa, bien que les mécanismes de régulation et les outils de transaction restent à mettre en place. Dans le secteur portuaire, une dirigeante d’Hapag‑Lloyd Congo a publié une tribune soulignant la nécessité de renforcer le port de Pointe‑Noire comme moteur économique régional et de promouvoir l’inclusion des femmes dans les postes opérationnels. Enfin, le gouvernement congolais a interdit l’exportation de concentrés de cuivre et de cobalt, une décision qui, selon un spécialiste, pourrait pousser une partie du secteur minier vers l’économie parallèle et accroître la contrebande. Ces développements illustrent les défis économiques actuels du continent.

Société

Plusieurs groupes de la société civile au Congo-Brazzaville ont demandé aux autorités de Brazzaville et de Kinshasa d’expliquer la disparition de deux policiers et de verser une compensation aux deux autres agents blessés suite à un affrontement violent sur le fleuve Congo à Makotimpoko. À Durban, une manifestation anti‑migrants s’est transformée en violences lorsqu’un groupe de manifestants a visé un camp où se réfugient plusieurs centaines d’étrangers, majoritairement originaires de la République démocratique du Congo. Au même moment, environ 12 000 enseignants communautaires non intégrés dans la fonction publique réclament le paiement de dix mois d’arriérés de bourses et exigent au moins quatre mois de versement, menaçant de se mettre en grève si leurs revendications ne sont pas satisfaites. En République démocratique du Congo, le gouvernement maintient la rentrée scolaire malgré la présence d’épidémies d’Ebola, de grèves d’enseignants et de conflits dans certaines provinces, tandis que le syndicat des enseignants appelle à l’abstention de retour en classe. Dans les territoires contrôlés par le M23, les conditions restent incertaines, alors que la capitale continue de rémunérer les enseignants du primaire et du secondaire.

Actualité générale

Cette semaine, la République démocratique du Congo a été confrontée à deux crises majeures. Le président Félix Tshisekedi a annoncé un dialogue national visant à instaurer la paix, la cohésion et la refondation de l’État, mais une partie importante de l’opposition a rejeté le cadre proposé, exigeant davantage d’inclusivité et de neutralité, tandis que les forces rebelles du M23 restent exclues de la discussion. Parallèlement, un incendie dans une salle de fête de mariage à Kinshasa, sur le boulevard Triomphal, a fait au moins 22 morts et de nombreux blessés, aggravant les inquiétudes concernant la sécurité des lieux de rassemblement. En réponse à ce drame et aux incendies récurrents, le ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a décidé d’inspecter toutes les salles de fêtes du pays afin de renforcer les contrôles et la prévention. Ces événements soulignent les défis persistants de la gouvernance et de la sécurité dans le pays.

Sécurité

Le président Felix Tshisekedi a annoncé jeudi un dialogue national ouvert aux forces de l’opposition, mais excluant les rebelles du M23 et ceux qui agissent au service du Rwanda. Le Front commun pour le Congo (FCC), dirigé par l’ancien président Joseph Kabila, qui vit en exil après une condamnation à mort pour trahison, a réaffirmé son engagement à imposer des exigences politiques et à demander des mesures de décrispation. La porte‑parole du FCC, Marie‑Ange Mushobekwa, a été invitée à participer à un entretien médiatique à Paris. Plusieurs médias rapportent que le FCC continue de soutenir la position de Kabila et de réclamer des changements politiques.

Justice

Cette semaine, la justice belge a décidé de renvoyer devant un tribunal correctionnel quatorze personnes accusées dans l’affaire des passeports biométriques de la République démocratique du Congo. Le dossier, révélé par l’enquête « Congo Hold‑Up », montre que 60 dollars par passeport, dont le prix officiel était de 185 dollars, auraient été détournés. Les passeports, fabriqués par la société belge Semlex, étaient destinés à la RDC depuis 2015. La décision marque une étape judiciaire dans l’enquête sur cette affaire de corruption liée aux achats d’équipements d’État. Le tribunal correctionnel examinera désormais les charges portées contre ces inculpés.

Élections

Cette semaine, le projet de dialogue national lancé par le président Félix Tshisekedi a suscité des réactions contrastées en République démocratique du Congo. La coalition d’opposition C64, ainsi que les partisans de l’ancien président Joseph Kabila, ont rejeté les consultations prévues, estimant qu’elles ne répondent pas à leurs attentes. En revanche, la majorité présidentielle continue de soutenir le processus, affirmant son importance pour la stabilité politique. Le débat révèle ainsi une division marquée entre les forces en présence sur la manière de conduire les prochaines étapes électorales.

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